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Le discours intérieur

Nous attendons devant le panneau des arrivées et des départs pour connaitre le numéro du quai où nous rendre.

Quai 6. 

Un voyageur pousse un soupir et marmonne : "le pire chiffre qui pouvait y avoir. Ce n'est pas un bon jour". Il nous dépasse, tirant derrière lui ce qui semble être du matériel de golf. 

 

Nous sommes assis à côté du "golfeur". Comme le voyage sera long, nous entamons la conversation en parlant du matériel de sport aperçu sur le quai. Oui notre voisin est un golfeur se rendant à un tournoi. Nous apprenons que tout allait bien pour lui jusqu'à ce qu'il apprenne la présence d'un autre joueur sur le tournoi. A partir de ce moment là, il est allé jusqu'à se demander si ça valait bien le coup de se rendre sur le parcours. Une passagère intervient. Elle joue au tennis, est d'un assez bon niveau nous dit-elle mais quand il pleut, ou qu'il menace de pleuvoir elle perd tout ses moyens et sabote elle-même son match. 

Chacun leur tour, ils se confient les phrases qui jaillissent dans leur tête. Clairement, ils font étalage de leur discours interne. 

 

Le discours interne est la manière de se parler à soi-même. Vous savez, ces petites voix que nous entendons régulièrement, dans notre tête, qui nous jugent, nous conseillent, commentent chaque chose que nous réalisons et pronostiquent, voire prédisent même nos victoires et nos échecs. Et il parait même, que certains ont des jugements sur leurs propres jugements... autant dire qu'il s'agit vraiment d'un discours interne... et pas d'un monologue interne...

Ce discours interne peut nous soutenir lorsqu’il est dynamique et positif ou au contraire nous desservir lorsqu’il met en évidence nos points faibles. Là clairement, nos deux sportifs ont un discours interne suffisamment négatifs pour leur saper le moral et leur enlever toute combativité!

 

En général, quand nous vivons une situation, nous l’interprétons au moyen de nos « filtres », c’est-à-dire que nous lui donnons du sens en fonction de ce que nous connaissons, un peu comme si entre nous et le paysage que nous regardons il y avait un prisme qui nous empêchait de voir la réalité telle qu’elle était mais qui la déformait en fonction de notre vécu. Quand nous abordons une situation connue, nous y associons une pensée en lien avec notre expérience passée. Par exemple : « je suis nul » « je n’y arriverai pas » « je vais rater »… c’est ça le discours interne et plus il est négatif  plus nous avons de risque d’échouer. On appelle ce type de pensée : autoprophétie.

 

Concrètement, on vit une situation, nous l’interprétons et nous agissons en fonction de l’interprétation que nous en avons fait. La réaction à une stimulation va donc dépendre du filtre d’interprétation que l’on met en place. 

 

Il arrive que nos interprétations, nos filtres, nous fassent voir les situations plutôt sous un mauvais angle. La bonne nouvelle c’est que nous avons la possibilité d’agir sur le mental et sur le physique pour changer nos filtres. 

Nous jouons sur le physique lorsque l’on utilise par exemple des techniques pour se détendre et sur le mental lorsqu’on change son regard sur la situation. On peut par exemple se demander « qu’est ce qui me met la pression ? »

 

Vous voulez un exemple ? 

Prenons Sylvain, un athlète qui consulte un psychologue car il ressent de plus en plus de stress à l’approche des compétitions. Sylvain confie que lorsqu’il entend le nom d’un coureur en particulier il pense : « il est meilleur que moi sur le 800 m, c’est sûr, je n’ai plus aucune chance de gagner ».  Et à partir de ce moment, bien qu’il continue à s’entrainer, il sent que la pression s’intensifie au point parfois de lui faire manquer un départ.  

 

La première étape dans le travail de gestion des pensées automatiques est de décortiquer la pensée. Sylvain s’aperçoit alors que ce n’est pas la compétition qui lui met la pression mais la façon dont il la perçoit. Ici il est clair qu’une action entraine une pensée qui provoque une émotion qui produira un comportement particulier.

La pensée « c’est sûr je n’ai plus aucune chance de gagner » entraine un découragement avant le départ et une perte de la combativité.  

 

Prenons maintenant Alban. Il voit que Sylvain est avec lui au départ et il pense : « c’est un bon coureur, je le suis aussi. Je vais donner le meilleur ». Par cette pensée, dans laquelle il reconnaît les compétences de son adversaire et ses propres compétences, il se motive et est prêt à mobiliser toutes ses ressources pour gagner. 

 

Changeons de sport : prenons le tennis. Deux joueuses sont sur le cours, l'arbitre n'accepte pas le point. Il a vu la balle en dehors, la joueuse l'a vu dedans. Au moins deux pensées différentes produisant deux comportements différents peuvent être observées :

1/ "Ok. Très bien. Super, je marque le prochain point bien net!" La joueuse reste concentrée, positive. Elle peut marquer le prochain point. 

2/"Non mais j'hallucine! Il est aveugle! Il ne voit rien!". La joueuse se déconcentre suffisamment pour laisser de la place à la colère. Elle a nettement moins de chance de marquer le point suivant. 

 

Les deux voyageurs ont fini d'échanger sur leurs pensées automatiques et leurs effets dévastateurs. Nous nous immisçons dans leur conversation :

" Vous savez, avec du travail, nous pouvons apprendre à switcher nos pensées négatives contre des pensées positives qui permettront de mobiliser nos ressources pour réussir. "

Intéressés ils nous questionnent durant le reste du trajet sur les différentes méthodes de switch de pensées. Un parent  intervient. Il aimerait que son enfant ait de nouveau confiance à l'école. Il nous dit :

" C'est simple, il connait tous ses cours mais en fonction du correcteur il nous dit que "ça ne sert à rien" et qu'il n'a aucune chance. Autant vous dire que ces jours là, ses copies ne reflètent absolument pas ses connaissances". 

 

Alors oui bien sûr pour ces situations et bien d'autres encore le switch de pensée comme la relaxation sont des méthodes adaptées. Par contre il s'agit d'un apprentissage, d'acquérir de nouveaux outils et de s'entrainer à les manier le mieux possible pour être le plus rapide possible dans l'exécution. Si vous vous sentez prêt à vous engager dans un travail pour rompre avec vos pensées négatives,  nous sommes disponibles pour vous accompagner dans cette voie. 

 

 

 

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