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L'évaluation psychométrique

C’est un voyage assez technique que nous vous proposons aujourd’hui. Notre train de la neuropsychologie restera en gare. Nous en profiterons pour observer certains des mécanismes qui le constituent et notamment l’évaluation psychométrique. 

L’évaluation psychométrique (aussi appelée test, bilan) est un des outils du psychologue spécialisé en neuropsychologie et nous vous le présentons aujourd’hui dans les grandes ligne.

 

A la suite de l’anamnèse (recueil des informations globales sur la personne et son environnement), vont débuter la passation des tests dont la méthodologie est très rigoureuse afin de permettre une interprétation valide des résultats. La première chose va consister à    mettre à l’aise la personne en expliquant que certaines choses vont être compliquées et que d’autres seront plus simples. Il est également précisé que personne ne réussit tout et qu’il faut surtout faire « du mieux que l’on peut ».

 

Les fonctions cognitives que nous pouvons évaluer à l’aide de différents tests sont :

 

-          Le fonctionnement intellectuel global,

 

-          Les fonctions attentionnelles (alerte, attention focalisée, attention divisée, attention soutenue)

 

-          Les fonctions exécutives (planification, mise en place et maintien des stratégies, contrôle inhibiteur et impulsivité cognitive, flexibilité mentale, capacités d’abstraction…)

 

-          Les fonctions mnésiques (mémoire à court terme, mémoire à long terme, mémoire de travail)

 

-          Les fonctions instrumentales (visuo-spatiales, praxiques et gnosiques)

 

-          Les aspects de reconnaissance d’affects et de théorie de l’esprit (relevant de la cognition sociale) ; autrement dit ; quelles hypothèses je fais sur le fonctionnement mental, émotionnel, comportemental, de l’autre.

 

Les épreuves proposées pour évaluer ces fonctions sont souvent proposées sur un plan visuel et sur un plan auditif.

 

Toute la complexité du bilan neuropsychologique va résider dans le fait de tenter d’« isoler » une fonction d’un système. Malheureusement, les études en neuropsychologie nous ont clairement démontrées qu’il n’existe pas de « fonction pure ». Autrement dit, il n’est pas possible de comprendre le fonctionnement d’une fonction sans prendre en compte le fonctionnement global. Ainsi, pour tenter de mettre en évidence « l’atteinte » éventuelle d’une fonction, le psychologue spécialisé en neuropsychologie fonctionnera par exclusion. Quand cela est possible, il peut faire le choix d’utiliser au moins deux épreuves pour évaluer une seule fonction.

  

A la suite du bilan, l’analyse des résultats va consister à comparer chaque résultat obtenu par la personne à chacun des tests proposés, à des « normes » afin de situer la personne sur une courbe de « normalité » et déterminer ainsi les points forts ou la présence de troubles avérés.

 

 

Ainsi cette étape d’analyse des résultats va permettre avec fiabilité d’apporter une réponse quant aux interrogations qui auront motivées la passation d’un bilan.  

 

L’interprétation et la rédaction du compte-rendu sont l’étape suivante. Cela nécessite de croiser entre elles toutes les données recueillies ; aussi bien au niveau des chiffres obtenus qu’au niveau des données anamnestiques (informations autobiographiques, familiales, sociales…) recueillies lors des entretiens. 

 

Les conclusions du bilan reprennent la description de chaque fonction évaluée et la mise en lien avec les raisons du bilan. Une synthèse du fonctionnement de la personne sur le plan intellectuel est alors proposée et d’éventuelles hypothèses étiologiques peuvent parfois être proposées, même si le bilan reste avant tout fonctionnel.

 

En effet, par la réalisation du bilan, le psychologue s’intéresse à comprendre « comment » l’individu fonctionne. Un bilan neuropsychologique à lui seul n’est jamais suffisant pour comprendre « pourquoi » l’individu fonctionne comme cela. Cette analyse fonctionnelle est ce qui va permettre par la suite d’orienter les préconisations.

 

Il y a eu des interrogations, une prise de contact, l’attente du rendez-vous, la passation, le rendez-vous de restitution du bilan… Mais l’histoire ne s’arrête pas là… Du bilan va découler des « propositions » dont peuvent se saisir le patient, l’entourage, les enseignants, les professionnels de santé… Il va s’agir de répondre à la « demande » voir à la commande initiale. Ces préconisations ont toujours comme objectif d’aider la personne dans son quotidien en tenant compte des particularités de son fonctionnement. A titre d’exemple, il peut être proposé pour un enfant présentant des difficultés attentionnelles et d’inhibition, un cadre de travail le plus épuré possible, limitant ainsi les distracteurs potentiels. Ces préconisations peuvent aussi encourager les proches à aller consulter des professionnels spécifiques, des services spécialisés, ou bien encore à constituer un dossier MDPH (Maison Départementale pour Personnes Handicapées).

 

A quoi sert la rencontre à la fin du bilan ? Ce rendez-vous, nous l’appelons : « restitution », il a lieu généralement quelques jours après la réalisation du bilan. Le psychologue peut alors expliquer en détails les résultats du bilan et illustrer ses propos en présentant les tests et en expliquant ce qu’ils mesurent. Surtout, il peut faire des liens avec la vie quotidienne. Par exemple, si le test souligne un défaut de flexibilité mentale, le psychologue peut expliquer comment se « traduit » cette fonction dans la vie de tous le jour : « si je décide de faire une tarte pour mes invités et que mon four tombe en panne, je vais devoir faire preuve de flexibilité mentale pour m’adapter à cette situation. » 

 

L’objectif lors de cette restitution est que les personnes aient une idée du fonctionnement de leur proche. La raison même de leur consultation peut parfois empêcher de proposer une restitution détaillée des résultats au patient directement (problèmes de compréhension langagière, problème d’attention, problèmes de conceptualisation…). Ainsi, en neuropsychologie, le travail avec l’entourage est essentiel car en cas de difficultés cognitives, c’est l’entourage qui est « éprouvé » dans le quotidien et qui doit gérer. Bien entendu, les difficultés et les points forts retrouvés au bilan sont expliqués au patient mais selon les situations (notamment pour les enfants et les personnes âgées), le professionnel passe beaucoup de temps à expliquer les difficultés à l’entourage, afin que chacun repartent avec les outils nécessaires pour pallier aux difficultés du quotidien. Et c’est l’entourage qui fera le lien avec les différents environnements du patient.

 

Tous les tests utilisés au Centre de Psychologie-Neuropsychologie sont fiables et validés. Mais qu’est-ce que ça veut dire ?

La fiabilité d’un test désigne sa capacité à mener à des résultats similaires d’une évaluation à l’autre. Plus précisément c’est le fait que le test peut être passer dans différentes circonstances et donner des scores similaires ou fortement similaires. 

Ensuite, la seconde mesure incontournable dans une procédure de standardisation d’un test est la validité du test. La validité d'un test est sa capacité à mesurer ce qu'il vise à mesurer, c'est-à-dire à donner des résultats consistants avec ceux d'autres instruments de mesure considérés valides ou permettant de prédire le comportement. Plus clairement, il s’agit de s’assurer que le test mesure bien la fonction que l’on cherche à évaluer. 

La validé est sensible aux traductions par exemple car elle peut modifier la compréhension des items. 

 

A la fin d’un compte rendu rédigé par les psychologues du Centre de Psychologie Neuropsychologie, vous trouverez un paragraphe précisant que les scores obtenus représentent une photographie des performances de la personne. Un arrêt sur image. Des compétences présentes à l’instant du bilan. Elles peuvent évoluer avec le temps et avoir été influencées par le contexte du bilan lui-même (stress, fatigue…). Ce que le bilan évalue, révèle ou confirme est juste à un moment précis de l’évolution de la personne. Gardons en tête que ce n’est pas une finalité et que les compétences pourront évoluer en fonction des rééducations, des outils que met la personne en place, des expériences vécues. 

Pour plus de détails et de précisions, vous pouvez lire en ligne le Livre Blanc – La méthode des tests mise en ligne par l’ECPA. Vous y trouverez beaucoup d’information sur l’histoire des tests, l’éthique et les différents tests. Dites-nous ce que vous en avez pensé !!

 

Nous prendrons bientôt le train pour un nouveau voyage : « l’entretien de restitution »

 

D’ici là, si vous avez des questions, nous sommes disponibles pour y répondre et vous rencontrer. 

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